Première experience au Japon : L’hôtel Capsule

— 16 aout 2013 ; 19h00 —

Ça y est !! Je suis arrivé au pays du soleil levant ! Après un vol où j’ai plutôt bien dormi, me voilà à Narita, l’aéroport international de Tokyo. J’ai réservé un hôtel dans le centre : ma mission est donc de le rejoindre le plus rapidement possible pour me défaire de mon lourd bagage.

Affichage d'un panneau à Narita

Mmh… C’est lequel mon train ?

Après un rapide dialogue avec la ravissante Japonaise d’une borne d’information, et ¥3.600 en moins, j’ai un billet pour un train express vers Tokyo. Ça y est, le rêve prend enfin forme, il devient réalité, je vais voir des tas et des tas de Nippons en chair et en os !! Je rentre dans le train… Il est désert, à part un vieux type dans un coin qui n’est même pas japonais. Bon, je m’installe à la fenêtre, et feuillette un petit magazine pour passer le temps.

Magazine en japonais

Très intéressant ce magazine !!

Une heure plus tard, ça y est, je suis à Tokyo ! Je dois juste effectuer un changement pour prendre le métro qui me conduira à mon hôtel. Mais je n’ai pas de liquide et je n’ai plus envie d’utiliser ma carte, et de plus, je meurs d’envie de voir la ville !! Alors je sors de la station pour chercher une borne de retrait (appelée ATM). Je suis assez loin du centre, donc se sont des petites rues qui s’offrent à moi. C’est très joli, des petits Japonais courent dans tous les sens ! Je me mets à la recherche du fameux ATM. Je fais tout une rue, rien. Ayant peur de trop m’éloigner de la station, je fais le chemin dans le sens inverse… Pour me rendre compte qu’il y avait un ATM au pied de la station, c’est malin ça ! J’introduis ma carte et je demande ¥30.000 pour être tranquille (environ 230€). Ça ne marche pas. J’essaie de retirer moins, toujours pas. J’essaie avec une autre carte, toujours rien. Ça commence fort… Tant pis, je retourne dans la station. J’essaie de parler à un type au guichet, il ne parle pas un mot d’anglais ! Quand il comprend enfin ce que je veux faire, il me montre du doigt une autre machine. C’est un ATM qui parle uniquement en japonais… J’essaie quelques boutons au pif, mais non, je ne comprends rien, et la machine commence à faire des bruits étranges. J’essaie alors d’interpeler les gens dans la rue pour un peu d’aide. « Scuse me, do you speak English? » Cette phrase fait fuir 2 ou 3 personnes, qui ne se retournent qu’à peine, avant qu’un Tchécoslovaque sachant plus ou moins lire le japonais ne vole à mon secours. « This thing here means ‘Withdrawal’… Maybe type your PIN number now… » Hélas, après quelques essais, impossible de soutirer des sous à la maudite machine. Damned ! Je remercie mon gentil Tchécoslovaque, puis reprends ma valise et retourne tenter ma chance en ville.

Après avoir fait un petit tour, je découvre que la station possède une autre entrée, bien plus grande. Je m’y aventure, et trouve un guichet d’infirmation. Après une petite attente, j’explique la situation à une japonaise, qui m’informe que je peux acheter un billet ici avec ma carte, ce que je m’empresse de faire : hourra, elle fonctionne ! Quelle joie d’avoir l’impression de faire des progrès : je vais enfin pouvoir me rendre à mon hôtel !

Le train que je prends alors est appelé « JR », pour Japan Railways. Il m’amènera alors directement à Okubo, situé dans Shinjuku, où est localisé l’hôtel. Comme l’ordre des stations est indiqué en japonais uniquement, je regarde l’adresse que j’ai imprimée et essaie de mémoriser les symboles : « Un tipi, un homme qui court sans tête, et un poulpe. Un tipi, un homme qui court sans tête, et un poulpe… » Finalement je les trouve sur le plan : 大久保. C’est dans 7 stations. J’en profite pour regarder un peu le wagon : je suis le seul blanc. Je vois un homme d’affaire en costard en train de jouer à la PSP (une console de jeu portable), une fille qui se maquille, les autres écoutent de la musique ou tapotent du japonais sur leurs smartphones. Pas de doute, je suis au Japon !

***

Ça y est, me voilà arrivé en bas de l’hôtel. En fait, il ne s’agit pas d’un hôtel à proprement parler, mais d’un hôtel capsule. Vous ne savez pas ce que c’est ? Et bien moi non plus, on va pouvoir découvrir cela ensemble… Pour ceux qui savent, chuuut, laissez la surprise aux autres ! Déjà, bonne nouvelle, dans l’entrée, un panneau est écrit en anglais. Je comprends que pour les hommes, la réception est au quatrième ; pour les femmes, c’est au 7ème. Damned, ce n’est pas mixte ! En même temps, je crois que les Japonais sont très pudiques, alors je me dirige simplement vers l’ascenseur. En fait, il y a deux ascenseurs : un pour les hommes et un pour les femmes. Ah oui, pudique à ce point-là ? Soit… Je prends l’ascenseur bleu et monte donc au 4ème.

En sortant de l’ascenseur, je me dirige vers la réception. Un gars au comptoir me crie alors : « chou ! chou !! » et de nombreux Japonais le reprennent : « chou ! chou ! chouuu !! » Quoi, chou ? J’ai l’air d’un chou ? Ça veut dire quoi ? Je remarque alors qu’ils montrent mes pieds du doigt. « Chou ! Chou ! » Puis je comprends enfin… Mes chaussures ! « Shoe » en anglais ! Il faut que je les enlève : j’avais oublié… J’enlève donc mes chaussures, puis rejoins les autres japonais qui attendent tous bien sagement à pied de chaussette leur tour. J’arrive à l’accueil, et je tombe sur une Japonaise (étrange, j’aurai pensé qu’ils n’y auraient que des hommes au 4ème, mais soit). Elle commence à me parler anglais, et c’est une catastrophe : je ne comprends rien du tout. Finalement, après beaucoup de patience et de nombreux dessins plus tard, je comprends la procédure… Je dois aller mettre mes chaussures dans un casier, le fermer avec la clé qui est dessus, et rapporter cette clé à la dame. Elle m’échange alors cette dernière contre un pyjama, ainsi qu’une autre clé, qui elle ouvre une penderie. Donc si je veux ressortir, il faut que retourne à l’accueil, et que j’échange ma clé de penderie contre la clé du casier à chaussure. C’est compliqué… Je laisse ma valise au comptoir (je n’ai pas le droit de la prendre dans la chambre) et je rentre dans la pièce suivante, qui contient les penderies : c’est là que je suis censé mettre mon pyjama. Je cherche des yeux des cabines pour me changer : je n’en vois aucune. Je ne suis pas censé me changer devant tout le monde, quand même ? Je me balade entre les penderies et je tombe nez à nez avec un japonais en train de se changer. Je m’enfuis dans une autre rangée, pour apercevoir deux autres japonais entièrement nus. Mais… Mais… Ils ne sont pas censés être pudiques, ces gens là ?? Finalement, je trouve une cabine bien planqué au fond de la pièce. J’y entre…. pour découvrir une baie vitrée. En gros, j’ai le choix de me changer devant d’autres Japonais nus, ou devant tout Tokyo. Bon, je choisis Tokyo, au moins j’ai quelque chose de plus intéressant à regarder que des parties intimes nippones…

Pyjama Hôtel Capsule

Super Pyjama Hôtel Capsule Style ! (Cette photo a été prise dans mon dortoir actuel, donc c’est pour ça que le décor ne correspond pas…)

Une fois mon pyjama enfilé, je range mes habits dans la penderie et je vais chercher ma capsule : j’ai hâte de voir à quoi elle ressemble. Je prends les escaliers et j’arrive à l’étage des capsules. Je passe devant la première salle : elle est remplie de petites alcôves, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

Pleins de capsules !

Aaah, l’ambiance chaleureuse des hôtels japonais ! Quelle merveille !

Voici ma capsule à moi :

Ma capsule

Mmh, je vais bien dormir ce soir ! Faut pas être claustrophobe…

Je m’y installe tant bien que mal. Le matelas est très fin, j’espère que je ne vais pas avoir trop mal au dos… Je regarde autour de moi, tout est écrit en Japonais. Voici ma vision actuelle :

Vue Intérieure Capsule

Hé, on voit mes pieds !

Ah, je vous ai dit qu’il fallait que je quitte ma capsule à 9h00 ? Chaque demi-heures en plus ajoute 1€ à la facture. Oui, même si je reste plusieurs jours : la capsule n’est pas à moi, d’ailleurs elle change chaque soir. En effet, quotidiennement, je dois « check-out » à 9h00 puis check-in le soir vers 18h00. Heureusement, je peux laisser ma grosse valise à l’accueil… En tout cas, ils ont laissé dans la capsule une petite image pour se rappeler qu’il ne faut pas se lever trop tard :

Hotel Capsule : Pas Après 10h

Se lever à 8h00, c’est bien ! à 10h, c’est mal !!

Bon, une petite douche, un petit tour aux toilettes, et au dodo ! Je sors donc de ma capsule pour explorer les environs. Pas de trace de douche, mais je trouve les toilettes. L’hôtel comprend plus de 1 600 capsules au total (il y a beaucoup de « chambres » et beaucoup d’étages…). Les toilettes ont été pensées en conséquence : il y en a pour tout un régiment !

Toilettes à l'hôtel capsule

(Je ne vous dis pas la peur que j’avais que quelqu’un rentre en prenant cette photo…)

Au passage, pratique les petites tongs pour ne pas marcher dans le liquide suspicieux que l’on peut retrouver dans certaines toilettes ! Bravo !

Bon, à présent, direction les douches ! Je me rends vers les escaliers, où le contenu de chaque étage est détaillé. Je ne vois « shower » écrit nulle part, tout ce que je trouve c’est « bath », vers le 6ème étage. J’appréhende un peu, mais j’y vais quand même. Dès que les portes s’ouvrent, toutes mes craintes se confirment : je vois des Japonais nus partout qui marchent dans tous les sens… Certains vont dans les douches, qui bien sûr n’ont pas de cabines, d’autres vont vers les bains à remous, où sont assis de nombreux Japonais qui regardent le plafond… Je retourne dans l’ascenseur aussi vite que j’en suis sorti. Je me suis définitivement trompé à propos de la pudeur japonaise !! Ma douche attendra… Je vais donc me coucher, en essayant de chasser ce que je viens de voir dans ma tête (et ce n’est pas facile…).

***

Alors que je quitte l’hôtel pour rejoindre l’appartement de Louis, mon cousin qui est à Tokyo lui aussi et que je n’avais pas pu joindre plus tôt, je croise un Européen qui m’appelle :
« Hello you! Do you speak English?
– Yes I do! Are you from England?
– Yes excatly… You too?
– No I’m from France…
– Oh well, you have a very nice british accent ! (Héhé la classe quand même)
– Thank you so much! Is it your first time in that hotel?
– Yes actually… How is it?
– Well… I don’t want to spoil you the suprise..! I wish you good luck though…. »

Ah que oui, je lui souhaite bien de la chance à cet anglais, car je les connais bien ceux là, ils sont le peuple le plus pudique de la terre… Mouahahahaha!!.. (ainsi je disparus, les échos de mon rire démoniaque résonnant encore dans l’air).

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3 réflexions au sujet de « Première experience au Japon : L’hôtel Capsule »

  1. Toi et tes aventures rocambolesques… Merci de nous faire partager un petit bout du Japon en tout cas ! (ah oui, et on te déteste presque d’y avoir été sans nous, au fait, hihi) Et vite, la suite ! 😀

  2. Sympa c’est grands moments de solitude qu’on rencontre au Japon!..j’en ai moi même eu pas mal,et ça me laisse qlques décennies + tard de bons et étranges souvenirs…on est toujours un éléphant ds un magasin de porcelaine chez les Nippons.
    Oyasumi nasaï. Nicole.

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