Direction New-York

New-YorkSitôt arrivé à Montréal, sitôt parti pour New-York ! Hop hop hop, j’achète mon billet de bus aller/retour vers la grande pomme, et c’est parti pour 8h30 de voyage (départ 7h00 arrivée 15h30) ! (d’ailleurs, un gros bol de pâtes bolognaises à 6h du mat, c’est impeccable pour tenir pendant tout un voyage !). Celui-ci passe relativement vite, les sièges sont en cuir, le paysage est beau ; et puis le passage de la frontière est un divertissant intéressant…

Une demi-heure avant l’arrivée, je commence à voir la métropole se dessiner à l’horizon. Ca y est, je commence enfin à la voir, cette ville que l’on voit partout dans les films, séries et documentaires qui alimentent sans cesse les télés du monde entier… Mais à peine je devine le World Trade Center que le bus s’engouffre dans un tunnel. Il n’en ressortira jamais : la gare de bus de New-York est souterraine. Aucune idée, donc, d’où je vais ressortir.

Je prends l’escalator, mes oreilles raisonnent de langages du monde entier. Je sors dans la rue… Mais… Quels sont tous ces écrans qui scintillent ? Toutes ces pubs qui se mélangent à tel point qu’on ne sait plus où donner la tête ? Suis-je déjà à Time Square ?? Je marche quelques minutes, et oui, en effet, la station de bus est juste en dessous de cette fameuse place !! Incroyable… Je m’assois pendant quelques instants en me laissant imprégner de l’atmosphère ambiante. Devant un bâtiment NYPD, des gros policiers black jettent des regards soupçonneux aux alentours. Un Samsung Galaxy SIII de plusieurs mètres de haut gigote devant moi (qu’il est laid !), des Spider-men et Mickey Mouse se font prendre en photo par des touristes chinois… Je pourrais rester là encore longtemps, mais j’ai envie de rejoindre mon auberge de jeunesse à Brooklyn avant qu’il ne soit trop tard. Je me dirige donc vers le métro le plus proche. Je ne savais pas encore que 5 heures après, je serai toujours à la recherche de cette fameuse auberge !…

***

Me voilà donc à New York, l’après-midi tire à sa fin, même s’il fera jour encore quelques heures. Je décide de rejoindre directement mon auberge de jeunesse, qui est à Brooklyn, assez loin de Manhattan d’ailleurs (ça m’apprendra à vouloir réserver une auberge deux jours avant le voyage).

La bouche de métro est facile à trouver, elle clignote de partout. Je m’y rends, j’y trouve un guichet avec une queue immense, avec à côté deux machines automatiques et seulement deux personnes devant. Je vais donc me planter devant les machines.

C’est mon tour. OK, quoi acheter, je ne sais pas trop, allez, une carte avec $20 dessus, c’est genre $2.25 le trajet, ça devrait suffire, je ne vais pas beaucoup prendre le métro (normalement). J’insère ma carte de crédit londonienne… « Enter your ZIP code », qu’on me demande. Je tape mon code confidentiel. Problème. Ça ne marche pas. La machine me répète en boucle « enter your ZIP code ». Mais je l’ai entré 3 fois, ce fameux code !! Je réessaye encore plusieurs fois, puis me résous à affronter l’immense queue du guichet. Une fois arrivé, la bonne femme me dit, « ah non on prend pas la carte de crédit au guichet, faut aller aux machines. Ah ça ne marche pas ? Essayez une autre machine alors, y’en a une dans le coin là-bas. » Bon… Me voilà devant la machine désignée. Rebelote, elle ne veut pas de mon code. C’est alors que mon cerveau fait tilt… Mais oui ! « ZIP code », pas « NIP code » ! La machine me demande… Un code postal ?! Peut-être pour vérifier que je suis bien le détenteur légitime de la carte ? Bon soit, je l’entre… Et ça marche !! Et voilà, 20 minutes de perdues pour une bêtise…

Je m’engouffre dans les tunnels du métro de New York, il y fait une chaleur suffocante. Je sors le papier sur lequel j’avais soigneusement noté tous les arrêts et enfin l’adresse. Je regarde le plan du métro… Et là, horreur et stupéfaction… Ce n’est pas vraiment les arrêts que j’avais notés, mais les terminus de chaque ligne !! Olala, ça commence décidément très bien… Bah, tant pis, au moins je sais quelles lignes atteindre, je me débrouillerai bien ! Je rentre dans la rame du métro, la clim est à fond, il y fait plutôt froid. Je m’assois, sors mon bouquin et pense à autre chose.

40 minutes plus tard, je relève les yeux. On est à quelques stations du terminus de la ligne, en plein cœur de Brooklyn. Dans ma rame, que des noirs, je suis le seul blanc ! Et deux places libres dans tout le wagon : une à ma droite, une à ma gauche ! Ça fait bizarre. Bon… Je vais descendre ici, puis je vais bien voir…

J’ai l’adresse de l’auberge: 538, 86th Street, Brooklyn, New York City, New York, USA. Comme toutes les rues et avenues sont de toute façon numérotées ici, ça va être facile, je n’ai qu’à marcher jusqu’au bon numéro de rue ! Je regarde le nom de celle où je suis : « Fulton Street ». Comment ça ? Je veux des numéros moi ! Je vais un peu plus loin : « Eastern Pkwy ». Encore plus loin : « Stone Avenue ». Damned! It’s a trap!

Je vois deux policiers, deux femmes noires, qui marchent de l’autre côté de la rue. Je vais leur demander.

“ – Excuse me, I’m looking for the 86th street… Any idea where I can find it please?

– Justkwa take the woradoubla on the franklaby wibadidlow!

– Hm, sorry, I don’t understand…

– Wowbady wowbidow holly trawp! Pwoody fuckin’ Yibawdoy…“

Je ne comprenais pas un mot ! Leur accent était incroyable !! J’avais l’impression d’être dans un film. Finalement, je comprends qu’il faut que je reprenne le métro en arrière de trois stations. Après les avoir remerciées chaleureusement, je marche le long de la ligne de métro. Trois stations, ça va aller vite, autant marcher, pas la peine de dépenser $2.25. J’en profite pour regarder autour de moi. Encore une fois, que des noirs, exactement comme dans les séries américaines : des énormes 4×4, du rap à fond la caisse, des T-shirts blancs gigantesques, des casquettes à l’envers avec NY dessus… C’est génial. J’adore ça, je suis encore plus impressionné que Time Square, j’avais vraiment l’impression d’être aux États-Unis pour la première fois. J’avais dans la tête la musique Brooklyn, de Youngblood Brass Band.

Après avoir marché une vingtaine de minutes, je me retrouve dans la 93e rue. Enfin une rue avec un numéro ! Alléluia !! Je marche. 94e rue… Oups ! Mauvais sens ! Je repars dans l’autre. 93, 92, 91… Je descends les rues tout en bénissant la simplicité de l’organisation des rues aux États-Unis. 90, 89, 56… 56 !? Comment ça 56 ? Je reviens sur mes pas, la rue 56 est bien juste à côté de la rue 89 ! Mais… que s’est-il passé ? Je continue, 55, 54… Toujours pas de 86th Street. J’interpelle quelqu’un dans la rue, pour demander où sont passées les 33 rues manquantes. Il ne sait pas et va chercher son pote. Ils discutent à deux, ne savent pas trop où m’envoyer. Ils finissent par carrément arrêter un bus qui passait par là (!) pour demander comment je pouvais rejoindre la 86 Street. « C’m’on’in! » me dit le chauffeur. Je monte. « The 86th, it’s easy, the 54 goes that way, i’ tell you when to get’off! » OK parfait. Super sympa les gens de Brooklyn ! 🙂 Au bout de 20 minutes, le chauffeur m’appelle. « Now take the bus right there. It’ll bring you to the 86’! » OK, merci m’sieur ! Je vais vers le bus qu’il m’indique.

Je monte dans l’autre bus. Je demande tout de même au chauffeur s’il va bien vers la 86th St. « Which one ? » qu’il me répond. Comment ça, laquelle ? Y’a plusieurs rues 86 maintenant !? Oui qu’il me répond, il y a la rue est et la rue ouest ! Ce n’est pas possible !! Je n’ai aucune idée de laquelle je dois rejoindre, alors je reste dans le bus, en me disant que j’ai une chance sur deux.

New York - 86thJe descends un peu plus tard. Là j’aperçois enfin le panneau tant attendu : 86th street ! Par contre je suis au numéro 700, je vais avoir un peu de marche à faire. Ça fait 2h30 que j’ai quitté Manhattan, je suis bien content d’arriver enfin à destination. Sauf que… Plus j’approche du numéro 538, plus le sentiment de ne pas être sur la bonne rue 86 devient grand. Je ne vois que des maisons, je suis dans un quartier résidentiel. Sur beaucoup de maisons il est écrit « Jesus Loves You ! » ou « God Bless America ». J’arrive au 538, et là je suis sûr de m’être trompé. C’est une maison comme les autres, à trois étages. Je m’approche de la porte et ne vois que des noms de particuliers, aucune mention de l’auberge.

Là, mon irascible bonne humeur est mise à rude épreuve. Je n’ai pas le courage d’aller chercher l’autre rue 86. Je vais retourner à Manhattan et trouver où dormir, au pire je dormirai dans un parc, je l’ai déjà fait en Allemagne, et l’été, ce n’est pas désagréable du tout. Je retrouve une station de métro plus ou moins facilement, et je roule vers Manhattan.

50 minutes plus tard, me revoilà à Time Square. La nuit et sur le point de tomber, c’est très joli. Je marche à la recherche d’un cyber café. Je demande à quelques New-Yorkais, puis trouve un café avec 3 ordinateurs à disposition. Je paye $5 pour 30 minutes. J’envoie de suite un email à l’auberge de jeunesse leur demandant où ils sont exactement, en me disant qu’ils ont 30 minutes pour me répondre. En attendant, je regarde si on peut dormir dans les parcs de Manhattan. « you risk getting arrested or a summons to appear in court. » Wow, ça rigole pas ici ! Bon, je regarde s’il y a d’autres auberges dans les environs… Je ne trouve rien à moins de $90 dollars la nuit… Il ne reste plus que 5 minutes d’Internet, aïe aïe aïe… Finalement, 1 minute avant la coupure, je reçois un email de l’auberge, qui me dit qu’en fait j’étais au bon endroit 1h30 plus tôt, et que c’était le dernier étage de la maison ! Gros soulagement, tout de même. Et hop, me revoilà parti pour Brooklyn !

Une heure plus tard, me revoilà au 538, 86th street, je sonne au 3ème étage, je rentre, c’est bien là ! Enfin… Dans le salon, j’entends l’anglais parlé avec des accents américains, mais aussi suédois, français, allemand, et espagnol… Aaaah, vivent les auberges de jeunesse !! Je salue tout le monde, et m’assois sur un canapé confortable… Quelle aventure !

Parfois je me demande à quoi ressemblerait une vie organisée, une vie planifiée. C’est pas vraiment mon genre… Je me suis rendu compte que j’adore me perdre, j’adore la sensation de pas savoir où je vais être dans une heure, de partir à l’aventure avec un bout de papier griffonné comme seul guide… Même si ces aventures sont le plus souvent risquées, on rencontre des gens, on explore la ville… Mais la désorganisation a ses (gros) inconvénients, comme vous allez le voir dans mes prochaines aventures… Bon, je vous laisse, parce que je dois aller régler les derniers papiers de mon inscription à l’ETS, mon école au Québec. Si ce n’est pas fait demain 28 septembre, dernier délai, j’n’ose pas imaginer ce qu’il va se passer…

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